Suite de 6 chaises (d’un ensemble plus important) par la designeuse Colette Gueden (1905-2000).

Ce rare ensemble comportant un nombre conséquent de pièces (sur demande), a été réalisé dans les Années 50 sur un dessin de la designeuse Colette Gueden. Il était destiné à meubler un établissement entièrement redécoré à la mode du temps.

La composition graphique est typique des dessins épurés et effilés de Gueden. Par de fines lignes diagonales (montants du dossier, piétement), ce style se fond naturellement dans la mode des années 50.

Les lignes structurantes du siège sont une matrice inventée par Colette Gueden. Elle la décline en plusieurs modèles ou varient le traitement du dossier qui peut s’allonger ou être garni en textile, le placement des métalliques traverses du dossier (horizontales ou verticales et variation de rythme) et les finitions (boules de laiton etc.).

Colette Gueden fait également éditer des lits, des lits de repos, du mobilier tels que des armoires et des tables. Elle travaille plusieurs matériaux, dont la céramique (on lui connaît une série de bustes féminins, des têtes de cheval etc.), le métal (principalement pour les sièges), le bambou et le chêne (pour le mobilier), que l’on trouve de façon récurrente dans sa production éditée par Primavera.

Active dès les années 20, Colette Gueden collabore longuement avec l’atelier Primavera, qui édite ses modèles de 1927 à sa retraite.
L’Atelier Primavera

Présentation d’après un texte rédigé par M. Alain-René HARDY (L’Atelier Primavera – Atelier d’Art des Grands Magasins du Printemps, ouvrage paru en 2013)

Sans la rencontre de Pierre Laguionie, jeune cogérant des Grands magasins du Printemps et de René Guilleré, avocat à la brillante personnalité, fondateur de la récente « Société des Artistes décorateurs », il est à douter que les grands magasins parisiens auraient jamais connu d’ateliers d’art. Tous les deux sont des partisans convaincus des thèses prônées par les jeunes décorateurs progressistes :
1. unité de l’art,
2. nécessité de l’émergence d’un style moderne affranchi des stériles pastiches historiques comme des impasses de l’Art Nouveau,
3. inéluctabilité de la collaboration entre artistes et industriels,
4. urgence à diffuser les produits inspirés par la nouvelle esthétique décorative dans des couches plus larges de la société, de la petite bourgeoisie au peuple industrieux.

La rencontre des deux hommes est capitale. Naît l’atelier Primavera (Printemps). L’élan est stoppé en 1914. Mais l’entreprise n’est pas abandonnée et se réveille une fois l’armistice signée.

Les jeunes artistes progressistes sont favorisés, encouragés. L’Atelier rachète et relance des faïenceries de renom qui étaient en perte de vitesse, telle Longwy. Elles se conforment alors aux besoins de Guilleré et de son épouse, jeune décoratrice placée à la tête de l’atelier Primavera.

L’atelier prospère et compte près de 10 000 modèles seulement 10 ans après son ouverture. Son leitmotiv : « des objets séduisants à tirage limité qui ne coûtent pas cher ».

Pour vendre ses produits nouveaux, Primavera a besoin de notoriété. Il participe à des catalogue du Printemps, où il publie chaque année dès 1922.

Dès l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, Primavera affirme sa modernité et sa préséance sur ses concurrents ne fait plus aucun doute. Primavera devient synonyme de modernité.

En 1927, c’est au tour de la jeune Colette Gueden d’intégrer l’atelier et d’entretenir cette modernité. Son destin devient inséparable de Primavera, qu’elle ne quitte que pour sa retraite.
La structure en métal a été laquée en noire pour retrouver l’aspect d’origine, et la galette garnie en sky blanc à passepoil noir.

Présentation de « Primavera » d’après un texte rédigé par M. Alain-René HARDY (L’Atelier Primavera – Atelier d’Art des Grands Magasins du Printemps, ouvrage paru en 2013).

Dimensions

Longueur : 64 cm
Largeur : 44 cm

Prix