Mobilier de la Salle de Réception de la Résidence privée d’Edmond Gaudart, administrateur colonial de Pondichéry

Cette imposante salle de réception provient de la résidence privée de l’administrateur colonial à Pondichéry Edmond Gaudart. Composée de treize pièces, elle témoigne par son opulence de l’aisance de la bourgeoisie fortunée établie dans les comptoirs de l’Inde française. Le foisonnement du décor sculpté atteste aussi du degré de maîtrise de l’artisanat local ; apte à fournir une production de grande qualité – le plus souvent destinée à l’exportation. Frises ou rinceaux stylisés y apparaissent mêlés à des représentations de divinités hindoues ; tandis que l’essence foncée du palissandre confère à cet ensemble un caractère de solennité majestueuse.

Les établissements français de l’Inde, formés de l’ensemble des territoires et comptoirs commerciaux que la France a maintenus dans le sous-continent indien jusqu’au milieu du XXe siècle, comptent alors bon nombre de grandes villes côtières – dont Pondichéry, véritable plaque tournante du trafic indo-européen et fief du commerce des épices et de l’indigo. Issu d’une riche famille française, Edmond Gaudart (1859-1942), gouverneur honoraire des colonies, fut gouverneur du Sénégal et du Dahomey en 1908. 

Lors de la fameuse exposition coloniale internationale de Paris de 1931, les meubles exposés par l’Inde française sont l’œuvre pour la plupart des élèves de l’Ecole des Arts et Métiers de Pondichéry. Le bois employé est généralement le bois de bith (palissandre de l’Inde) tandis que les sculpteurs indigènes, quand leur travail est terminé ont l’habitude d’enduire les objets d’huile de coco : le bois de bith prend alors une teinte noire qui lui donne l’aspect de l’ébène. Cette grande salle à manger est probablement issue d’un ensemble de l’Ecole. L’aspect commercial demeure typique de cette production qui mêle des savoir-faire traditionnels à des typologies plus occidentales, aptes à plaire à l’aristocratie coloniale.  Un tel syncrétisme n’est pas étonnant ; Pondichéry étant, depuis le XVIIIe siècle, un creuset où les communautés les plus jalouses de leurs particularismes s’imprègnent plus ou moins de la culture des autres. Ici, la forme des chaises type Second empire (dossier encadré de colonnettes surmontées d’une toupie, pieds droits montés sur bouchons) se conjugue à une iconographie indienne très marquée (présence du dieu Shiva sur les reliefs du buffet).

Dimensions

Table : H. 76,5 cm – L. 216 cm – l. 125 cm
Buffet deux corps : H.246 cm – 155 cm P. 163
Crédence : H.150 cm – L. 103 cm – p. 46 cm
Chaise : H. 120 cm

Prix